Parole tendre et mental d’acier. Sur les traces d’une pisteuse-secouriste aux Contamines.

Les pisteurs-secouristes sont la clé de voute des stations de ski. Toujours sur le qui-vive, ce sont les premiers à être envoyés sur place en cas d’incident. Isabelle Babi est la seule femme des 16 pisteurs des Contamines en Haute-Savoie. Nous l’avons suivie le temps d’une matinée en janvier.

Au chaud, dans la télécabine du Signal, Isabelle Babi scrute l’horizon. Il est 8 h 45 ce lundi et dehors, c’est la tempête de neige. La femme de 45 ans fait partie des 16 pisteurs secouristes du domaine des Contamines, géré par la Société d’équipement des Contamines-Montjoie Hauteluce (SECMH). Ces professionnels qui assurent la sécurité des skieurs tous les jours, de l’ouverture à la fermeture des pistes. Et Isabelle est la seule femme de l’équipe. « Quand j’ai commencé il y a quinze ans, on était quatre, mais maintenant il ne reste plus que moi », raconte-t-elle, une once de fierté dans la voix.

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Isabelle installe un “caporal” pour indiquer un virage.

Un vrai code de la route

Arrivés au poste de secours du Signal, à 1870 m, les pisteurs se dispatchent sur les pistes à ouvrir. Chacun gère un secteur avec trois à quatre pentes à superviser. Aujourd’hui, celui de Tierces est fermé à cause des intempéries. Isabelle descend par la bleue Montjoie. Il est déjà 9 heures, l’heure de l’ouverture officielle du domaine. « C’est la période creuse, donc il y a moins de stress, sourit-elle. On installe la signalétique au fur et à mesure de la matinée. » Un coup de maillet sur “un caporal” pour indiquer un grand virage à droite, un autre sur une “zone tranquille” ou un “croisement”. Isabelle pose son “code de la route”, au gré de la visibilité du domaine.

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La signalétique est particulièrement importante en cas de mauvaise visibilité.

« On fait un beau métier ! »

La pisteuse reprend sa descente. Les chutes de neige ont déjà recouvert le damage de la matinée, laissant une petite couche de poudreuse des plus agréables à skier. « On fait un beau métier quand même ! », s’exclame Isabelle. Après un tour par le télésiège Montjoie, elle redévale la bleue, cette fois à l’affût des filets de protection enneigés par les récentes chutes. Morceaux par morceaux, elle extirpe le filet à la force des bras. Avant de le replanter en surface. « Si j’ai besoin d’aide sur une opération, je peux compter sur le soutien de mes collègues », précise-t-elle, même si la plupart du temps, elle se débrouille bien toute seule. « Piste Montjoie ouverte », lance-t-elle au central via sa radio.

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Le travail de pisteur peut vite s’avérer physique lorsqu’il s’agit de soulever des piquets solidement enfoncés dans la neige.

« Le PGHM intervient en dix minutes »

Ce lundi matin, aucune urgence médicale ne rompt la routine. « Quand il y a un accident, on nous prévient à la radio et le pisteur le plus proche s’y rend, détaille Isabelle. En fonction de la gravité, on descend le blessé en traîneau, puis une ambulance vient le chercher en bas de la station pour le conduire jusqu’au cabinet médical des Contamines, ou bien aux urgences de Sallanches. Si c’est plus grave, le PGHM intervient en hélicoptère en dix minutes. »

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Les pisteurs ouvrent et ferment les pistes à l’aide de grands filets au gré des conditions météorologiques.

Isabelle a été aide-soignante pendant plusieurs années à l’Ehpad de Saint-Gervais. Les soins, ça lui parle. « Le plus fréquent, ce sont les trauma crânien, les problèmes de genou et d’épaule. Heureusement, de plus en plus d’adultes sont casqués. Moi, j’ai commencé à mettre un casque en travaillant ici. Notre génération était moins sensibilisée. » Son maximum ? Quatre secours dans la même journée. « Les femmes préfèrent parfois que ce soit une autre femme qui s’occupe d’elles », ajoute-t-elle de son air rassurant. Isabelle poursuit la journée en patrouillant sur les pistes. Prête à gérer toute urgence.

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Isabelle peut compter sur l’aide de ses collègues en cas de besoin.

Par Maëlle LE DRU (texte et photos)

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